De freins à tremplins

Dans nos dernières publications, nous avons fait mention des freins principaux à l’implantation d’une pédagogie plus active, au changement dans les pratiques et à l’innovation.

Pour clore positivement cette trilogie sur l’innovation, nous avons eu envie de vous proposer des conseils, des recommandations qui serviront de tremplins vers une pratique réflexive.
 

  1. Appliquez la théorie des petits pas
    Un des aspects les plus importants dans la gestion du changement, c’est de nourrir votre sentiment de compétence. Donnez-vous la chance de vivre de petites victoires en expérimentant des changements simples au départ, puis plus complexes une fois que vous vous sentirez plus confortables. Si vous visez de grands changements dans votre pratique, tentez de les morceler en plusieurs étapes.
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  3. Volez des idées
    Les idées ne viennent jamais exclusivement de notre tête, elles sont empruntées d’autres idées. Voilà pourquoi le groupe est plus créatif que l’individu. N’hésitez pas à demander conseil à vos collègues, à vous inspirer des pratiques d’autres enseignants, à participer à des formations ou à des échanges, virtuels ou non.   Ainsi, vous pourrez aussi éviter de commettre les erreurs que d’autres ont faites avant vous et de vivre des succès plus rapidement.
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  5. Ayez des attentes réalistes
    Ayez des attentes réalistes par rapport aux changements que vous ferez. Ne visez pas le 100 %, mais mesurez plutôt les effets de votre pratique de façon qualitative. Par exemple, une enseignante a décidé de ne plus demander aux élèves de compléter une série d’exercices en devoir. Plutôt, elle leur a demandé de n’en faire qu’un seul, de filmer ou photographier leur démarche et de la publier sur une plate-forme collaborative (padlet). Dans l’ancienne pratique, environ 50 % des élèves complétaient leurs exercices alors que dans la nouvelle, 80 % l’ont fait. Voilà une belle augmentation. Cependant, ce qui est le plus important dans ce changement est que la nouvelle méthode a permis aux élèves de démontrer leur démarche (métacognition) et à l’enseignante d’avoir un meilleur regard sur les difficultés rencontrées et ainsi ajuster son enseignement.
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  7. Donnez-vous et donnez-leur une chance
    Les méthodes traditionnelles sont plus rassurantes pour tout le monde ; les parents, les enseignants, la direction et les élèves aussi. S’adapter au changement et apprendre différemment, cela demande du temps. Bien entendu, les élèves préfèrent que vous fassiez tout le travail à leur place, car résoudre des problèmes, relever des défis, réfléchir à sa démarche, collaborer, c’est beaucoup de boulot. Les enseignants qui adoptent une pédagogie active vous le diront ; ils se sont butés à de la résistance au départ. Pourtant, ils ne regrettent pas. Ne vous découragez pas, persévérez, les résultats seront extrêmement gratifiants pour vous et vos élèves.
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  9. Gardez toujours en tête votre intention, votre objectif
    Quelles sont vos intentions pédagogiques ? Quels sont vos objectifs pour vos élèves ? Que souhaitez-vous qu’ils retiennent de votre cours ? Que souhaitez-vous qu’ils gardent avec eux pour toujours ? Les réponses à ces questions sont votre nord. Il est si facile de dévier de notre route, de prioriser des considérations qui sont loin des besoins des élèves. Cela est normal, compréhensible même. Gardez votre boussole bien à vue et ne l’oubliez pas trop longtemps. Le fait que vous gardiez le cap permettra à vos élèves de trouver eux aussi, à leur tour, leur nord.

En conclusion, nous vous souhaitons beaucoup de plaisir dans l’implantation d’une pédagogie plus active. N’hésitez pas à nous partager vos expériences, témoignages, succès, échecs, etc.

 

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