Échouer pour mieux apprendre : vers une culture de l’apprentissage

À la rentrée, nous avons invité Dany Dubé, analyste sportif et spécialiste du coaching, à venir nous parler du rôle d’entraîneur que jouent les enseignants. Plusieurs parallèles sont effectivement à faire entre le travail d’un coach et celui d’un enseignant. L’importance de ce rôle dans la motivation des élèves est indéniable.

Jeudi dernier, Dany Dubé commentait à la radio le fait qu’un entraîneur de hockey ait puni ses joueurs de 9-10 ans en les faisant courir autour de l’aréna après une défaite. De l’entrevue, plusieurs citations s’appliquent aussi très bien à l’éducation.

Cependant, j’ai accroché sur une citation en particulier:

Le match, c’est pour voir où on est rendu dans notre progression. Ce n’est jamais un échec, c’est une étape. Mais les gens voient le résultat, et le résultat fait foi de tout; on est bon ou on n’est pas bon.

Remplaçons le mot « match » par évaluation, voulez-vous?

L’évaluation, c’est pour voir où on est rendu dans notre progression. Ce n’est jamais un échec, c’est une étape. Mais les gens voient le résultat, et le résultat fait foi de tout; on est bon ou on n’est pas bon.

Dans une culture de l’apprentissage, l’échec n’est pas une fin en soi. Vivre l’échec, l’accepter, le surmonter et devenir meilleur, tout cela fait partie de l’apprentissage. En fait, faire des erreurs et même vivre des échecs est essentiel afin de développer la ténacité de l’apprenant, et aussi sa motivation, à condition qu’on l’aide à rebondir. Dans la vie, savoir échouer, c’est plutôt utile.

Dans une culture de l’évaluation, l’échec se vit en fin de parcours. Dans ce contexte, il n’est pas étonnant de voir tant d’élèves anxieux devant l’évaluation. Le résultat en dira long sur leur valeur. T’es bon ou t’es pas bon. Plusieurs adolescents qui vivent un échec sur le tard réagissent mal face à ce dernier; ils sont sans ressources. Ils harcèlent leur enseignant pour quelques points supplémentaires, sans chercher à surmonter les difficultés. Il n’est pas rare de voir des adultes, jeunes ou moins jeunes s’effondrer à la suite du premier échec de leur vie. Dans le cas contraire, des enfants qui ont vécu trop d’échecs perdent éventuellement toute motivation et une bonne part d’estime d’eux-mêmes.

Pour passer d’une culture de l’évaluation à une culture de l’apprentissage, il faudra changer notre rapport à l’erreur et apprivoiser l’échec.

Pour apprendre à être meilleur, il faut avoir des standards élevés. Tu veux être meilleur? On va t’apprendre à être meilleur.

– Dany Dubé

 

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