La résistance au changement

Je ne suis pas fermée au changement, mais je n’y suis pas très ouverte non plus. Je suis plutôt du genre « Pourquoi le changer, si ça fonctionne? » Mon premier réflexe est de me braquer et de chialer, de me plaindre, quoi. Donc, résistante au changement.

Au moins, je le reconnais. Et n’est-ce pas le premier pas pour régler le problème? On dit qu’une faute avouée est à moitié pardonnée, non? J’ai beaucoup d’amis sur le comité de développement pédagogique. Peu importe. Mon accueil au concept du cours de demain? Tiède. Qu’on me laisse tranquille! Je connais mon travail, et je le fais bien.

Cependant, en y réfléchissant, je me suis rendu compte que ce qui me posait problème avec tous ces changements (après tout, nous sommes à Sainte-Anne!), ce n’était pas tant le changement lui-même, mais plutôt ma peur de ne pas être à la hauteur.

J’étais fermée au cours de demain (je le suis probablement encore un peu) non pas parce que je croyais qu’il s’agissait d’une mauvaise idée, mais plutôt parce j’avais l’impression d’avoir une montagne de choses à changer pour pouvoir y adhérer complètement. Et cette montagne, elle me donnait le vertige. Donc j’ai fait ce qu’il faut faire lorsque quelque chose nous dérange : j’ai arrêté de penser au cours de demain.

C’était effectivement très loin de mes priorités lorsque j’ai planifié mon cours de journalisme. Je veux que mes élèves tiennent un blogue et, pour ce faire, je leur ai demandé d’utiliser les plateformes WordPress ou Blogger (à la suggestion de notre conseiller technopédagogique, Jean Desjardins). Un projet bien simple, vous en conviendrez.

Mon collègue Pascal m’a fait réaliser qu’en demandant à mes élèves d’utiliser l’une de ces plateformes, je faisais en sorte, par le fait même, qu’ils développent des habiletés qui allaient fort probablement leur être bien utiles plus tard, sur le marché du travail. J’ai alors ressorti mon napperon du cours de demain, qui traînait sur un coin de mon bureau. J’ai réalisé que ce projet, sans rentrer dans les détails, permettait à mes élèves de développer six des sept compétences du profil de sortie de l’élève. Je ne m’en étais même pas rendu compte!

Je ne crois pas être la seule dans cette situation. À ceux qui, comme moi, ne savent pas trop quoi faire avec le cours de demain, je vous dis ceci : n’ayez pas le vertige en regardant la montagne car, sans que vous vous en rendiez compte, vous êtes déjà en train de l’escalader!