Les freins à l’innovation, selon les enseignants (partie 1)

Nous nous sommes demandé, dans le billet Innover à l’école, ce n’est pas sorcier, pour quelles raisons la pédagogie active tarde à s’installer dans les écoles. Pour le savoir, j’ai questionné quelques enseignants de nos écoles primaires et secondaires. Voici ce qu’ils m’ont dit être les freins à l’innovation en classe, plus précisément à l’utilisation d’une pédagogie active.

 

  1. Le temps et l’investissement ; changer, c’est du boulot !

En effet, changer sa planification afin de faire vivre aux élèves un apprentissage plus actif, cela demande du temps, de l’investissement. Davantage, au début. Après un certain temps, on fait simplement les choses différemment. Néanmoins, pour se lancer, il faut être convaincu, en avoir envie. Et même si l’envie et l’intention sont au rendez-vous, la tâche d’enseignant n’est pas toujours simple. Il y a la correction, les communications aux parents, les réunions de ci ou de ça, les surveillances pour certains, les tâches multiples pour d’autres. La tâche de l’enseignant se complexifie véritablement avec l’implantation des technologies, les mesures d’appui aux élèves en difficulté, etc.

Qu’il nous faille revoir la tâche de l’enseignant, la formation initiale des maîtres, les divers cadres en place, les mesures proposées, l’état des bâtiments, etc., j’en conviens. Ne laissons cependant pas ces réalités devenir des excuses à la valorisation d’une pratique réflexive, qui ne signifie pas nécessairement faire plus, mais faire de bons choix pédagogiques.

À mon avis, le métier d’enseignant est le plus important au monde ; il ne faut donc pas s’attendre à ce qu’il soit facile.

 

  1. La peur de l’inconnu, de l’erreur, du jugement des autres

Les enseignants ont toujours la bonne réponse, ils ne commettent jamais d’erreurs. N’est-ce pas la croyance populaire ? D’ailleurs, dans la plupart des cas, les enseignants ont été de très bons élèves d’enseignants qui étaient eux-mêmes des conteurs ou des communicateurs hors pair. Le deuil est à faire. Il est urgent de nous adapter à cette nouvelle réalité, dans laquelle nous ne sommes plus indispensables à la transmission de connaissances. Dans ce nouveau contexte, comment pouvons-nous redevenir indispensables ? Il faut à tout prix adopter de nouveaux rôles.

Il n’est pas non plus toujours facile d’avancer malgré la pression de certains collègues qui, eux, souhaitent le statu quo au cas où on leur demanderait de faire quelque chose à leur tour, au cas où le succès des autres les ferait mal paraître, au cas où… Et que dire des parents qui se croient experts parce qu’eux-mêmes ont déjà fréquenté l’école ?

Cette peur de la pédagogie active, elle est bien irrationnelle.

Est-ce que les petites « bébittes » mangent les grosses ? Vous êtes toujours les experts dans vos classes. Et si, en effet, vous vous trompiez, qu’arriverait-il ? Vous feriez probablement mieux la fois suivante. C’est tout.

Allez, si votre planification est devenue une bonne vieille doudou réconfortante, il est temps de la secouer un peu !

 

La réflexion se poursuivra dans notre prochaine publication.

 
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