Les freins à l’innovation, selon les enseignants (partie 2)

Nous nous sommes demandé, dans le billet Innover à l’école, ce n’est pas sorcier, pour quelles raisons la pédagogie active tarde à s’installer dans les écoles. Pour le savoir, j’ai questionné quelques enseignants de nos écoles primaires et secondaires. En suite de notre premier billet, voici les deux derniers freins à l’innovation en classe, plus précisément à l’utilisation d’une pédagogie active.

 

  1. On accorde plus d’importance aux résultats qu’aux processus.

Pourquoi changer lorsque nos élèves réussissent avec la méthode traditionnelle ? Pourquoi changer ce que nous faisons depuis tant d’années et qui fonctionne encore chez nos élèves performants ?

Mais que réussissent-ils au juste ? Des examens de connaissances ? Des situations-problèmes pour lesquelles des recettes toutes faites fonctionnent ? S’ils devaient reprendre ces évaluations quelques mois plus tard, sauraient-ils les réussir ? Quel sens donneront-ils à ces apprentissages dans quelques années ?

Nous devrions avoir de bien plus grandes attentes à l’égard de nos élèves. De bonnes réponses ? Non. Des réponses intelligentes, nouvelles, originales, etc. ? Oui !

Qu’ils fassent des apprentissages durables, qu’ils développent des compétences, qu’ils apprennent à apprendre, qu’ils se mettent en danger, qu’ils soient tenaces devant une difficulté, qu’ils se trouvent « pas pire bons » dans quelque chose qui n’apparaît pas nécessairement au bulletin. Voilà ce que nous devrions avoir envie de développer chez eux.

 

  1. On ne sait tout simplement pas par quoi ni par où commencer.

Le sentiment de compétence, c’est drôlement important pour un enseignant, et pour tout le monde en fait. C’est ce qui nous rend encore meilleurs ; c’est ce qui nous donne l’envie de pousser un peu plus. Lorsque ce sentiment de compétence disparaît, la motivation s’envole et la résistance s’installe. Vous avez déjà vu ça, vous aussi, lorsque la réforme a été implantée, lorsque les technologies ont fait leur entrée dans votre école.

Lorsque se présentent de nouveaux paradigmes, il est facile de se sentir démuni, de ne pas savoir par où commencer le changement. Les Finlandais ont bien compris cet enjeu, tout comme nos proches voisins, les Ontariens, puisque dans ces systèmes, le développement professionnel des enseignants est mis au premier plan.

À vous les directions d’écoles, il est de votre rôle de soutenir, inspirer et accompagner les enseignants dans leur désir de changement. Communautés de pratique, microenseignement, formations, groupe de codéveloppement professionnel ; soyons proactifs les collègues !

 

Après la lecture de ces quelques lignes, ne soyez pas déprimés par l’ampleur des barrières à franchir. Les enseignants qui m’ont proposé ces « freins à l’innovation » ainsi que moi-même sommes très optimistes. Il existe de réelles avenues de développement qui vous permettront d’atteindre vos plus audacieux objectifs d’engagement chez vos élèves. Ce qu’il faut plus que tout, c’est arrêter de se trouver des excuses, que l’on soit directeur ou enseignant. Le changement ne viendra pas d’ailleurs ; il commence par nos propres actions, nos prises de risques, nos solutions. Nous développerons cette réflexion dans notre prochain billet de blogue.

 
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